Armand Petersen

Armand Petersen est un suisse d'origine nor-dique, condisciple de Schmied et de Dunand à l'Ecole des Arts industriels de Genève, dans la classe de ciselure et d'orfèvrerie. Il exerce d'abord son métier en Suisse, puis en Europe centrale, à Budapest, avant de s'installer à Paris. Parallèlement à son travail de ciseleur, il se livre à une inclination de plus en plus forte pour la sculpture. L'animal l'intéresse depuis 

toujours. Toutefois, à ses débuts il sculpte un buste de jeune femme qui témoigne de dons expressifs étonnants chez un débutant. Mais il ne persiste pas dans la voie de la figure humaine et l'animal absorbe bientôt toute son activité. Excellent observateur, il étudie longuement ses modèles, choisissant la position la plus typique et donnant à chacun ses traits et son caractère propre. Le style qu'il adopte est significatif du courant qui simpose dans les années 20 : la simplification des formes. Pour-tant, par sa formation de ciseleur, Petersen semble plutôt prédisposé aux effets de la perfection du détail qu'aux volumes lisses. Et, il est un fait que ses premières œuvres, Cobaye, Bison, Chien danois recherchent des effets pittoresques pour lesquels Petersen-le-ciseleur guide Petersen-le-sculpteur. Mais très vite un tournant s'amorce et, le Corbeau qu'il exécute pour une fontaine monumentale de Bâle, est le signe de cette évolution décisive. Il a compris que cet oiseau haut perché doit être traité largement avec une volonté de généraliser.

Ses ouvrages ultérieurs vont bénéficier de ce sentiment nouveau de la forme et c'est à Paris qu'il le met en pratique. Plus de surfaces tourmentées ou colorées, mais des volumes en profondeur qui correspondent aux grandes divisions organiques. Les plis de la peau indiquent ces divisions tandis que les yeux sont traités avec la perfection du détail chère au cise-leur. Armand Petersen représente de préférence ses bêtes au repos. Ainsi, la beauté ty-pique de chaque animal se substitue au caractère vital exprimé par l'action. Pourtant, la bête reste toujours sur le qui-vive et l'artiste sait matérialiser cette tension des sens en meme temps que les rapports de volumes. Sa Gazelle regarde, tranquille, mais on la sent prête à bondir au moindre danger. 

Comme Bugatti, il a compris la gravité, souvent empreinte de tristesse, des animaux. Et, c'est un fait, généralement ses bêtes sont mélanco-liques. Il produit une série d'œuvres nerveuses et fortes et, bien que souvent de petite taille, elles ne donnent jamais l'impression de mièvres bibelots. Au contraire, on croirait voir des statues monumentales en réduction tant elles possèdent noblesse et amplitude. Ses petits bronzes sont remarquables par la force et la grâce qui les animent, avec une sensibilité et une exécution très synthétique et très réaliste.

Ses antilopes, gazelles, hippopotames, pan-thères, bisons, canards... composent un monde charmant, aux belles formes, simples de lignes, gracieuses, justes et vivantes. Ses œeu-vres sont éditées en bronze mais certaines sont aussi reproduites par la Manufacture de Sèvres, en particulier : Biche, Bison, Hippopotame. Tout au long de sa carrière, Petersen participe à de nombreuses expositions tant en France (Salon d'Automne, Salon des Tuileries, Galerie Edgar Brandt) et en Suisse (à Bâle), qu'à l'étranger : Bruxelles, Berlin, Budapest, New-York.